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12/12/2007

Que peut apporter la société ?

:    D’abord le secteur privé peut jouer un  rôle très important pour lutter contre la corruption. Cette peut prendre diverses formes en Afrique subsaharienne.

 

·        Toute mesure destinée à combattre la corruption sur le long terme doit aller de pair avec la formation d’une coalition politique à même de defendre les principes d’intégrité. C’est le cas du Sénégal où les entreprises soutiennent des reformes anti-corruption engagées par le gouvernement.

 

·        Les organismes privés (organisations patronales et syndicales) peuvent aussi participer aux campagnes de sensibilisation de l’opinion publique au problème de la corruption  et sur les initiatives d’information sur les moyens pour le combattre.

 

·        La participation du secteur privé peut également prendre la forme d’un dialogue avec les agents publics en vue de proposer et de mettre en œuvre des réformes.

 

·        Le secteur privé peut procurer les ressources qui manquent aux ONG et aux médias, et les aider ainsi à contribuer plus activement au suivi et à la surveillance de l’action des pouvoirs publics.

 

·        Le respect par le secteur privé des normes applicables au secteur public ouvre également la possibilité de limiter autant que faire que se peuvent les ressources que l’on doit consacrer à la lutte contre la corruption.

 

L’engagement du secteur privé  peut rencontrer des difficultés. Dans les pays en Afrique, l’équilibre des pouvoirs est souvent trop favorable à l’administration publique. Les entreprises sont confrontées au dilemme du prisonnier  et emmêlées dans des problèmes de coordination : il est très difficile de résister à la tentation de la corruption lorsque les concurrents continuent d’en passer par là pour obtenir un marché.

 

 La lutte contre la corruption prend du temps car les cadres s’investissent longtemps  pour réorganiser la stratégie interne d’une entreprise et ce, sans compter les risques réels de répression auxquels on s’expose en refusant la corruption. Tous ces facteurs expliquent la passivité des entrepreneurs  qui espèrent que les reformes seront engagées  par d’autres.

 

 En effet, lors de la conférence organisée par le Centre de développement, cinq propositions ont été énoncées pour mieux lutter contre la corruption. Ce sont :

 

1-     Fonder les stratégies de lutte contre la corruption sur les données concrètes plutôt que sur les considérations générales. La  corruption est monnaie courante : elle fait partie du quotidien pour les entreprises et les citoyens qui la subissent et la considèrent même, avec fatalisme, comme faisant partie intégrante de leur culture. Les fonctionnaires qui refusent de se prêter au jeu doivent être écartés des postes de responsabilité.

 

2-      Créer des îlots d’intégrité : les mesures prises pour combattre la corruption à l’échelon local, en particulier dans les administrations (douanes, fisc, administrations locales ou établissements  hospitaliers) donnent naissance à des îlots d’intégrité. Non seulement, ils contribuent directement à faire reculer la corruption, mais en outre ils incarnent symboliquement toutes les perspectives ouvertes par sa disparition . Ils favorisent le rétablissement de normes saines dans le secteur public et conduisent à un rétablissement de l’image que les citoyens ont de la transparence.

 

3-      Poursuivre le développement. Un développement économique  des pays sous développés de l’Afrique subsaharien avec un relèvement du niveau de vie  des agents de l’Etat peut atténuer la corruption.Le sous-développement lui-même encourage la corruption.

 

4-     Infliger des sanctions. Il doit y avoir des sanctions qui symbolisent la détermination des autorités. La, plupart des pays africains disposent des systèmes de détection et de sanction.L’important enfin n’est pas tant de développer ces systèmes que de renforcer les liens entre ces systèmes et les intervenants non gouvernementaux. La relation entre la constations des faits et la sanction doit devenir systématique de façon à ce que les actes de corruption soient réellement perçus comme risqués. Il faut diffuser les informations tirées des enquêtes et contraindre les personnes investies de pouvoirs en matière pénale à intervenir.

 

Inscrire la lutte contre la corruption dans le cadre de politiques plus générales. Enfin, les mesures de lutte contre la corruption doivent être intégrées dans d’autres programmes gouvernementaux visant à réduire les inégalités, à encourager le développement du secteur privé, à accroître les recettes fiscales et à mieux maîtriser les dépenses. C’est seulement ainsi qu’on peut espérer régler le problème de la corruption  progressivement, e n construisant des îlots d’intégrité et en interrompant le cercle vicieux  de la corruption et du sous-développement   

 
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